Les deux extrémités de la saison décident d'une grande partie du résultat, et ce sont celles qu'on néglige le plus. Une pelouse mal ouverte au printemps traîne son retard jusqu'en juillet. Une pelouse mal fermée à l'automne sort de l'hiver abîmée et coûte le double à réparer.
L'ouverture de terrain commence par un ratissage complet qui retire les débris, les feuilles restées sous la neige et le gazon maté par la moisissure. Ce passage relève les brins couchés et laisse le sol respirer. Vient ensuite la réparation des bordures : au Québec, les bandes le long des entrées et des trottoirs subissent chaque hiver le sel de déglaçage et le passage de la souffleuse. Ces bandes brûlées ne repartent pas seules. Elles se réparent par un rinçage abondant, un amendement du sol et un ensemencement localisé, tôt, pendant que la compétition des mauvaises herbes est encore faible.
La fertilisation de démarrage et le nivellement des soulèvements causés par le gel complètent l'ouverture. Nous en profitons pour faire le point sur le terrain : ce qui a bien passé l'hiver, ce qui a reculé, et ce qu'il faut planifier pour la saison.
La préparation hivernale est l'opération symétrique. La dernière tonte se fait un cran plus court que d'habitude, pour limiter la matte sous la neige sans pour autant scalper le gazon. Les feuilles doivent être retirées ou déchiquetées finement : une couche de feuilles laissée en place étouffe le gazon et prépare la moisissure des neiges. La dernière fertilisation de l'année, appliquée quand la croissance aérienne a ralenti mais que le sol n'est pas gelé, est la plus rentable du programme. Bien conduite, elle fait la différence entre une pelouse qui sort de l'hiver verte et une pelouse qui met six semaines à s'en remettre.